samedi 10 novembre 2007

Bruxelles : Quartier européen

Par Maxime LamotheDepuis 1958, la ville de Bruxelles est le siège de la Communauté européenne. Dans la foulée, de nombreuses autres organisations s’y installent. Le Conseil de l’Union européenne, La Commission européenne, la Commission du parlement européen, le Comité des régions, le Conseil européen, le Conseil des communes et régions d’Europe, le Comité économique et social, pour ne nommer que ceux-ci, sont autant d’organismes ayant aujourd’hui pignon sur rue à Bruxelles.
Source: www.eurobru.com/ue-aera.htm
Dopées par ce boom administratif, les autorités se lanceront, dans les années 60-70, dans la réalisation de projets d’envergures. Afin d’offrir les infrastructures nécessaires à cette arrivée massive d’eurocrates (fonctionnaires de l’Union européenne), on n’hésite pas à sacrifier un des quartiers les plus prisés par la bourgeoisie de l’époque, le quartier Léopold, et ce, malgré la grande richesse patrimoniale qu’il représente alors (seul le Résidence Palace sera épargné). En effet, le quartier Léopold abrite à l’époque nombre de bâtiments de style architectural art nouveau, dont Victor Horta est la figure de proue à Bruxelles. Cette approche « bulldozer » était déjà à l’œuvre à Bruxelles, l’irrespect du patrimoine ainsi manifesté porte un nom : « bruxellisation ». Wikipedia : Bruxellisation (en néerlandais: verbrusseling) est un terme utilisé par les urbanistes pour désigner le développement anarchique d'une ville ancienne livrée aux promoteurs. Ce phénomène doit son nom à la ville de Bruxelles où il fut particulièrement sensible dans les années 1960 et 1970, alors que la ville était livrée aux rêves de cité du futur de promoteurs incontrôlés. L’implantation du quartier européen ne se fera pas autrement
La création de cet immense ghetto administratif, perçue au départ comme une bénédiction, n’aura pas, on s’en doute bien, fait que des heureux. Les cicatrices laissées dans la ville par la construction de ces immenses immeubles de verre et de béton, la gentrification foudroyante qui opérera alors sur le quartier, forçant les citadins à céder leur place à des bureaucrates bien nantis, le rythme de vie même de cette junte d’eurocrates aux salaires et avantages sociaux sans égaux, sont autant de facteurs qui contribuent à la perception tiède qu’ont aujourd’hui les Bruxellois de ce quartier européen.

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